post

Ecrire un récit, un souvenir, une poésie…

Ecrire pour se souvenir

 

36295456 - sepia toned image of vintage fountain pens with blank paper in front of old books on a table

Vous aimeriez écrire votre biographie ?

Rédiger vos mémoires ?

Compiler vos souvenirs pour les offrir à ceux qui vous sont chers ? 

Mine de rien étudie tous vos projets et vous encadre pour les réaliser.

  • biographies
  • récits
  • scénarios,
  • pièces de théâtres*

*Pour les compagnies qui souhaiteraient une pièce “sur mesure”, Mine de Rien écrit à la commande. Une pièce drôle et légère, un thème plus dramatique ou un spectacle plus intimiste, Mine de Rien est à votre disposition. 

Mine de Rien étudie et répond à vos besoins

 

Contactez-nous http://www. mine-de-rien.ch/nous-contacter/

Vous pouvez aussi nous suivre sur  https://www.facebook.com/minederienvevey/?ref=aymt_homepage_panel

 

 

post

Des mots pour le dire…

 

Le mot construit

mine-de-rien-chinterieurvide

Pour tous vos besoins en écriture tels que : rédaction de documents professionnels, travaux de diplômes, correspondance           mais aussi :

  • scénarios,
  • pièces de théâtres
  • biographies
  • récits

Mine de Rien étudie et répond à vos besoins.

https://www.mine-de-rien.ch                                                                                                                                                                                         et aussi sur Facebook : https://www.facebook.com/minederienvevey                                              https://www.facebook.com/MOKADO-Le-mot-du-jour-182367475190351/

post

BRÈVES HISTOIRES, 8ème épisode

LE VICAIRE, BLAISE, AGNÈS, SA MIE et JUSTIN DEMIERRE.

Blaise avait le front humide de sueur. Il était tout pâle. Il semblait malade. Avant de passer chez sa mère pour finir les cartons, il voulait se rendre à l’église. Ne pas changer les habitudes. Les habitudes sont réconfortantes, rassurantes. Les habitudes endorment les esprits et évitent les questions. Il fallait qu’il organise les choses avec lucidité et intelligence, mais il ressentait de l’angoisse. Tous ces changements avaient eu pour effet de le fragiliser. Le déménagement. Vivre enfin seul, sans sa mère était une épreuve. Il devait penser à tout. Et en plus il devait encore penser à elle. Organiser son déménagement. Préparer les cartons. Répondre aux curieux qui s’inquiétaient pour elle.

  • Merde maman, tu fais vraiment chier. Maintenant, je dois tout faire ! C’est insupportable. C’est fatiguant.
  • Tu vas y arriver, mon chéri. Garde ton calme.
  • Comment veux-tu que je sois calme alors que tout le monde me demande de tes nouvelles.
  • Tu n’as qu’à faire comme on a dit. Je suis partie en France rejoindre ma famille et passer du temps en leur compagnie.
  • Je crois avoir dit que ta sœur avait un cancer.
  • Un cancer. C’est bien. Les gens sont compatissants avec la solidarité familiale.
  • Bon. J’envoie tes affaires dans un box à Aix. Comme ça, tu auras tes affaires à portée de mains.
  • C’est une excellente idée. Envoie-moi tout ce que je possède. Garde les meubles et loue la maison. Tu as ma procuration pour la banque. Tout va bien, mon chéri.
  • Oui, maman. C’est une excellente idée. Je me sens apaisé. 

Blaise se sentait mieux. Il respirait régulièrement, ses vêtements étaient propres. Il se tenait droit et son anxiété avait presque disparu. Il se sentait toujours mieux lorsqu’il parlait avec sa mère. Affronter le monde n’était pas chose simple, mais il se sentait capable d’y arriver. Il sifflotait tout en se rendant à l’autre bout de la rue. En arrivant devant l’église quelques personnes attendaient avant de s’introduire à l’intérieur. Il y avait Agnès et sa maman qui parlait avec le vicaire et il y avait aussi ce type qui le regardait droit dans les yeux. Blaise n’aimait pas ce type, comme s’il allait lui porter malheur.
Justin salua par un hochement de tête le vicaire, Agnès et sa mère et s’approcha ostensiblement de Blaise qui tourna la tête pour éviter de croiser son regard.
Le vicaire interpella Justin.

  • Capitaine, vous vous êtes installé dans le quartier.
  • J’aime bien le coin, Monsieur le vicaire, j’aime bien le coin.
  • Vous allez participer à la réunion ?
  • Si Dieu le veut.

Agnès prit la parole et s’adressa au capitaine Demierre.

  • Bienvenue, Monsieur. Nous sommes toujours heureux d’accueillir de nouveaux frères.

Justin hoche la tête, les mains dans les poches.

  • Oh vous savez Mam’zelle, moi j’ai pas de frère. Ni dans la foi, ni dans la vie.
  • Dans ce cas, vous avez vraiment bien fait de venir.

Apercevant Blaise, Agnès l’interpelle.

  • Oh Blaise, je suis contente de vous voir.
  • Merci. Moi aussi je suis content de vous voir. Vous allez bien ?
  • Oui oui. Et votre maman ? Comment va-t-elle ?
  • Le capitaine Justin Demierre s’approche en ajoutant :
  • Blaise ? Blaise Jacquet ? Vous êtes le fils de Rosemarie Jacquet ?
  • Bonsoir Monsieur… ?
  • Oh, excusez-moi. Il sort sa plaque et la montre à Blaise.
  • Capitaine Justin Demierre, gendarmerie cantonale. Bonsoir. Il fourre sa plaque dans la poche et ajoute. Alors comme ça, c’est vous le fiston de Madame Jacquet ?
  • Vous connaissez ma mère ?
  • Non, non. Jamais vue. Justement. J’aurais bien aimé la rencontrer.
  • Et je peux savoir pour quelle raison vous souhaitez rencontrer ma mère ?
  • Non. Vous pouvez pas.

La mère d’Agnès s’interpose entre les deux hommes.

  • Blaise, dites à votre maman que ça me ferait tellement plaisir qu’elle accepte de venir prendre le thé chez nous la semaine prochaine. Qu’en dis-tu Agnès.
  • Oui, Ma Mie. C’est une bonne idée. Vous pourriez l’accompagner Blaise et on pourra jouer aux cartes.

Blaise sent une bouffée de chaleur l’envahir. Comment se débarrasser de tous ces curieux ?

  • Oui, c’est une bonne idée et je suis sûre que maman en serait ravie. Malheureusement, elle est absente depuis 15 jours déjà et selon notre dernier échange téléphonique, elle va prolonger son séjour.
  • Oh comme c’est dommage. Vous êtes malgré tout notre invité, s’écria Agnès. N’est-ce pas ma Mie ? Blaise pourrait passer mercredi soir ?
  • Oui, mercredi c’est très bien, acquiesça sa mère. Vous n’avez qu’à venir pour 19h30 et nous partagerons un modeste repas avant de jouer aux cartes.

Blaise sourit poliment et déclina l’invitation.

  • Je regrette, mais cette semaine je n’ai pas une soirée de disponible. Nous en reparlerons à la prochaine réunion. En tout cas Mesdames, je vous remercie et transmettrais vos messages à ma chère maman.

Le capitaine Justin Demierre fouilla dans ses poches et en tira une carte de visite toute chiffonnée. Tout en la repassant avec ses gros doigts il dit à Blaise :

  • Faites donc ça. Transmettez à Madame votre mère les salutations de ses amies et pendant que vous y êtes, dites-lui de m’appeler à ce numéro.
  • Mais elle voudra savoir ce que vous lui voulez.
  • Elle aura qu’à me passer un coup de fil. Vous inquiétez pas jeune homme. J’lui veux pas de mal à votre maman.

Blaise mit la carte dans sa poche, salua en hochant la tête,  entra dans l’église et se dirigea directement vers le confessionnal.

Il s’agenouilla devant le grillage en attendant que le vicaire ouvre le portillon.

  • Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dit le vicaire
  • Amen, susurra Blaise.
  • Ce type, le capitaine Demierre, il m’inquiète.
  • Moi aussi Benoît. Je crois que c’est moi qu’il veut. J’ai peur.
  • Il faut rester discrets. Ne m’envoie plus rien et détruis tous les CD que tu as. Il ne faut prendre aucun risque.
  • Compte sur moi et toi fais pareil. Tu détruis tout. Absolument tout.
  • Et ta mère ? Comment va-t-elle ?
  • Bien. Elle va bien. Qu’est-ce que vous avez tous avec ma mère ? dit-il visiblement irrité.
  • Doucement. Je te rappelle que tu es en confession.
  • Bon je sors.

38789205 - man praying in church

Sur le parvis, les autres attendaient leur tour pour entrer au confessionnal. En passant devant le groupe, Agnès lui sourit.

  • Bonsoir Agnès. 
  • Bonsoir Blaise. A bientôt.
  • Je m’en vais aussi, dit le capitaine Demierre. Bonne soirée à tous.
  • Vous partez sans aller vous confesser, capitaine ?
  • Ça s’rait trop long. Je vous laisse la place.

Tout en soulevant son chapeau en signe de  salutations, il emboîta le pas à Blaise.

post

BRÈVES HISTOIRES, 7ème épisode

WU ET JÉRÔME

Jérôme se sentait bien. La journée s’annonçait splendide. C’était lundi. Jérôme aimait le lundi. Le lundi c’était le début de la semaine. Le début de l’enthousiasme. Comme chaque jour il irait travailler. Jérôme aimait son travail. Mais aujourd’hui il avait un projet. Il passerait chez le fleuriste pour choisir un bouquet qu’il souhaitait faire livrer. Faire livrer des fleurs à Wu lui était apparu comme une idée de génie. Les fleurs feraient le premier pas et ainsi il sera très vite fixé sur ses chances de réussite.

Wu était entrain de penser à son frère et à leur sinistre relation lorsqu’elle entendit la sonnerie de la porte. Qui cela pouvait-il bien être ? Elle n’attendait personne. Elle n’en croyait pas ses yeux. Le bouquet était si gros, qu’elle ne voyait même pas le visage du livreur. Elle prit les fleurs, remercia le livreur en lui donnant une petite pièce et se dirigea à la cuisine pour trouver un vase approprié. Elle ouvrit l’enveloppe et lu le texte :

N’ayant pas le courage de vous aborder, j’utilise ces quelques fleurs en guise de bouclier. Accepteriez-vous un dîner ?Jérôme, le voisin d’en face  oui ou non au 0795189340

Elle sourit et déposa délicatement les fleurs afin de les arranger dans son plus beau vase. C’était un bouquet blanc, tout en douceur et en subtilité.

mine-de-rien-ch-7emeepi-fleurWu n’avait jamais reçu de fleurs, ni d’invitation aussi charmante. Elle visualisait très bien le voisin d’en face. Jérôme était plutôt bel homme et elle n’arrivait pas à croire qu’il puisse avoir envie de la séduire.Elle aussi l’avait remarqué mais jamais elle n’aurait osé imaginer l’approcher de plus près. Elle se sentait heureuse, joyeuse. Elle avait envie de chanter et de préparer un gâteau à son grincheux de frère. Et pendant qu’elle y était, elle en ferait un autre pour Mme Jacquet. La vie lui semblait tellement plus belle depuis qu’elle avait lu la carte de Jérôme. Elle voulait partager sa joie en offrant de la joie à son tour. Elle n’était pas amoureuse, du moins pas encore. Mais ce sentiment de légèreté de l’être était une émotion rare pour Wu. Elle n’arrivait même pas à se souvenir la dernière fois qu’elle s’était sentie envahie par cette douceur de l’âme. Il fallait écrire le « SMS » à Jérôme. Elle se demandait si elle devait le faire tout de suite ou attendre un peu. Ne jamais se précipiter, jamais. Elle était maîtresse en matière de retenir sa spontanéité en toutes occasions. C’était un dysfonctionnement instinctif. Donc elle décida rapidement de ne pas répondre avant la fin de la journée.

De toute façon la journée passerait vite car elle avait un « fourmilion » de choses à faire. D’abord elle voulait passer chez Madame Jacquet, une autre voisine. Wu était un peu inquiète à son sujet. Il y avait quelques semaines qu’elle n’avait plus croisé sa voisine. Comme il s’agissait d’une femme d’un certain âge, Wu pensait qu’il serait juste de passer chez elle prendre de ses nouvelles et offrir son aide si nécessaire. Peut-être que Mme Jacquet se sentait peu bien et qu’elle apprécierait que quelqu’un lui fasse les courses ou un peu de ménage. Il y avait déjà quelques jours qu’elle y pensait. Si elle ne s’était pas manifestée plus vite c’est parce qu’elle avait vu son fils lui rendre visite au moins les deux dimanches précédents. Si son fils passait, c’est forcément que la situation n’est pas dramatique. Mais Wu, voulait quand même aller demander à sa voisine si elle pouvait lui être utile. Lui dire qu’elle avait remarqué son absence à la messe du dimanche. Lui offrir son aide et son amitié.

Wu avait préparé une tarte pour son frère et décida de passer chez Virgile avant d’aller chez Mme Jacquet. Elle sonna chez son frère, le cœur léger, pour une fois. Aujourd’hui aucune angoisse à l’idée de se faire clasher une fois encore.

  • Que veux-tu ? dit-il d’un ton bougon en ouvrant la porte.
  • Je t’ai apporté une tarte aux abricots, répondit-elle tout en sourire.
  • Tu as l’air de bien bonne humeur.
  • Je le suis, Virgile. Je me sens heureuse et légère.
  • Ça te va bien. Il prend la tarte. Merci et salut.
  • Salut. A très vite.

Wu n’en revenait pas. Virgile avait presque été agréable. Décidément, cette journée était magique. L’amour appelle l’amour. La haine appelle la haine.
La maison de Mme Jacquet se trouvait au coin de la rue. Elle s’y rendit le cœur en joie. Au moment de traverser la rue, elle aperçut du coin de l’œil une silhouette connue. Son cœur s’arrêta de battre une seconde. C’était Jérôme. Il rentrait chez lui et à n’en pas douter, il ne l’avait pas vue. Elle en était soulagée et continua sa route en direction de la maison de Mme Jacquet. Arrivée devant la porte elle sonna. Pas de réponse. Alors elle frappa, puis finit par appeler doucement et de plus en plus fort :

  • Mme Jacquet. Mme Jacquet, vous êtes là ? C’est Wu, votre voisine.
  • Je peux entrer Mme Jacquet ? Vous êtes là ? Elle tapa plus fort contre la porte.
  • Mme Jacquet. Ouvrez-moi. Vous allez bien ? Vous n’avez besoin de rien ? Répondez-moi .

Un homme s’approcha discrètement d’elle par derrière. Elle sursauta.

  • Vous cherchez Mme Jacquet ?
  • Oh, mon Dieu ! Vous m’avez fait peur ! Qui êtes-vous ?
  • Et vous ?
  • Ça ne vous regarde pas.
  • Scusez-moi, M’dame. Je me présente. Cap’taine Justin Demierre de la gendarmerie cantonale. Il lui montre son matricule.
  • Oh ! vous êtes de la police. Il est arrivé quelque chose à Mme Jacquet ?
  • Je ne sais pas. À vous de me le dire. À quand remonte votre dernière rencontre avec   Mme Jacquet ?
  • Euh ! Je ne sais plus trop. Deux semaines, peut-être trois. J’ai préparé une tarte pour elle. Ne la voyant plus ni passer dans la rue ni venir à la messe le dimanche matin, je voulais savoir si tout allait bien pour elle.
  • C’est gentil ça. Je ne crois pas qu’un de mes voisins s’inquiéterait s’il ne me voyait plus pendant deux ou trois semaines.
  • Oui… mais ici c’est un petit quartier. On se connaît et on s’intéresse les uns aux autres.
  • Mais bien sûr ! Un quartier parfait. Habité par des gens au-dessus de tout soupçon.
  • Que voulez-vous dire Capitaine. De quoi pourriez-vous bien me soupçonner ?
  • Allez savoir ?
  • Vous savez quelque chose au sujet de Mme Jacquet ? Elle va bien ?
  • Je ne sais pas si elle va bien mais à ma connaissance, elle n’est pas là.
  • Ah bon ! Elle est partie en vacances ?
  • Ça non plus je ne saurais le dire. Il y a des gens qui s’en vont et on n’arrive jamais à savoir ni où ils vont ni pourquoi ils s’en vont.
  • Capitaine, je vous trouve bien mystérieux.
  • Mademoiselle, le mystère, ça rend la vie excitante. Allez, rentrez chez vous et mangez votre tarte.
  • Je vais peut-être même la partager avec quelqu’un.
  • Faites donc ça. Vous privez surtout pas, la vie est courte.
  • Si vous apprenez quelque chose sur Mme Jacquet, venez me le dire. J’aimerais avoir de ses nouvelles.
  • J’y manquerais pas. J’passerais vous voir, ça me donnera l’occasion de déguster une part de tarte.
  • Venez quand vous voulez, j’en ai toujours une de prête !

Wu sourit. Elle se sentait toujours d’humeur joyeuse et comme Mme Jacquet était sûrement bel et bien en France, auprès de ceux qui lui sont chers, tout était pour le mieux. Elle pouvait maintenant penser à elle. D’abord répondre à Jérôme. De retour chez elle, elle prit place dans son fauteuil préféré, tira son portable de son sac et s’installa confortablement. Elle composa le numéro et rédigea en lettres majuscules le OUI qui lui mettait le sourire aux lèvres. Puis elle appuya sur « envoyé ».
Quelques secondes à peine plus tard, son téléphone vibra. C’était Jérôme. Son cœur se mit à battre plus fort. Elle n’osait pas répondre. Qu’allait-elle dire.

  • Allo ?
  • Allo. Bonsoir. C’est Jérôme. J’ai reçu votre réponse.
  • Oui et moi, j’ai reçu votre bouquet. Il est magnifique. Je vous remercie.
  • Non, ce n’est rien. Alors vous êtes d’accord pour un dîner. Je vous propose samedi soir. Je viendrais vous chercher à 19 h 30 et nous irons manger à la Croix-Blanche.
  • Oh, à la Croix-Blanche. C’est un restaurant qui a grande réputation.
  • Oui, je crois qu’on y mange très bien.
  • Bien.
  • Bien. Je suis content.
  • Je suis contente aussi.
  • Bien.
  • Bien. Alors à samedi Wu.
  • A samedi Jérôme.

A lire aussi http://www.le-blogueur.com

post

BRÈVES HISTOIRES, 6ème épisode

JUSTIN DEMIERRE ET BENOÎT PIERRHUTTE

 

38789205 - man praying in church

Le Vicaire et le flic

Le Vicaire Benoît Pierrhutte était un homme grand et maigre. Il se tenait droit et son regard était glacial. Il préparait, assis à son bureau, le sermon qu’il dirait dimanche, à la demande du Curé qui se rendait à un séminaire et qui serait absent trois semaines durant. Benoît aimait les absences du curé. Officier à la Grand Messe du dimanche était pour lui un moment jouissif. Il éprouvait un sentiment de pouvoir absolu lorsqu’il montait sur la chair et qu’il prenait la parole.

Dimanche il s’adresserait à ses ouailles avec force, pour leur rappeler l’importance de la prière et le pouvoir de la confession. Il inciterait ainsi, les plus réticents d’entre eux à se confesser et à venir déposer leur fardeau en confession privée.

Ah confesse ! Quelle merveilleuse invention pour distraire le clergé ! Toutes les petites manies, les attitudes, les mensonges, les mesquineries qui étaient racontées sous le sceau du secret et qui, recevait le pardon du curé et, par voie de conséquence, de Dieu lui-même. Il avait longtemps hésité dans sa jeunesse. Flic ou curé ? Deux professions offrant un pouvoir intéressant. Finalement, il avait choisi d’entrer dans les ordres et il n’avait jamais regretté ce choix.

Un homme attendait devant la cure. Le vicaire s’approcha de lui.

  • Je peux faire quelque chose pour vous, Monsieur ?
  • Très beau sermon.
  • Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître. Je peux faire quelque chose pour vous… Monsieur ?
  • Capitaine Demierre.
  • Capitaine ?
  • Oui, Justin Demierre de la Police Cantonale. J’ai quelques questions à vous poser.
  • A quel sujet ? Mais je vous en prie, entrez. Nous serons mieux à l’intérieur. Je vous sers quelque chose : café, thé, un verre de porto ?
  • Un petit porto avec plaisir. J’enquête discrètement sur la disparition d’une de vos ouailles.
  • Je ne vois pas de qui vous voulez parler. Personne n’a été signalé comme disparu dans ma paroisse.
  • Que pouvez-vous me dire au sujet de Mme Jacquet. Rosemarie Jacquet.
  • Rosemarie Jacquet ? Le vicaire semble chercher au fond de sa mémoire. Visiblement, il n’est pas très à l’aise. Le Capitaine l’observe attentivement tout en poursuivant.
  • Elle habite le quartier, vous la connaissez, n’est-ce pas ?
  • Oui, oui. Mme Jacquet. Bien sûr. Fidèle paroissienne de notre Eglise. Une femme qui ne manquait jamais la messe du dimanche. Soudainement, son fils m’a dit qu’elle était partie rejoindre sa famille en France voisine. Elle est partie précipitamment et depuis je n’ai plus de nouvelles.
  • Et vous, Monsieur le vicaire, vous connaissez son fils ?
  • Oui, un peu. Comme ça. Bien qu’il vienne très régulièrement, nous ne parlons pas beaucoup ensemble. A peine la messe est finie qu’il a déjà disparu. Je n’ai pas souvent eu l’occasion de lui parler.
  • Donc vous ne connaissez pas Blaise Jacquet personnellement.
  • Si. Je le connais personnellement. Mais où voulez-vous en venir ?
  • Nulle part, Monsieur le Vicaire. Nulle part. Je m’interroge. C’est tout.
  • Mais c’est quoi le problème ?
  • Y’a pas de problème Monsieur le vicaire. Merci pour le porto. Je repasserais sûrement vous voir.
  • Au revoir, Capitaine.
  • Au revoir Monsieur le vicaire. A bientôt.

Le vicaire referma la porte de la cure. Il mit la bouteille de porto dans le buffet et en tira la bouteille de cognac. Il s’en servit une grande portion et l’avala cul sec !

https://www.mine-de-rien.ch

ACCUEIL

post

Des mots pour dire

42200957 - pregnant, mom, hair.

AMOUR EmaTERNEL

Femmes, en avant !

Il n’y a aucune raison d’avoir peur.

Levons l’Armée de l’intelligence du coeur.

Non seulement créatrices,

Nous sommes aussi éducatrices.

Devenons libératrices !

Cessons de revendiquer

Une absurde égalité.

Sortons enfin de ces années noires.

Nos enfants nous offrent UN GRAND Pouvoir.

Saisissons-le et changeons le monde.

A nous, de faire des adultes de demain,

Des hommes Meilleurs, des hommes de Bien.

Femmes, en avant !

Il est Grand Temps !

Manola D’Angelo

https://www.mine-de-rien.ch

 

post

BREVES HISTOIRES 5ème épisode

Blaise chez sa mère

Cette femme devant l’église avait dit n’importe quoi et même si ce type est vraiment un flic, cela ne prouve pas que ce soit à moi qu’il en veuille. Pourtant ce type, Blaise était certain de l’avoir vu au moins trois ou quatre fois à l’église.

   Tu vois maman, tout ça c’est de ta faute. J’espère que tu ne vas pas être, encore une fois, la source de mon malheur.

– Comment, je suis assez grand pour faire mon malheur tout seul ?

– Maman, ne sois pas méchante. Tu pourrais faire preuve d’un peu de compréhension pour une fois.

– Si ce type me cherche c’est parce qu’il se doute de quelque chose. Et s’il te trouve, je finirais mes jours en prison.

– Je ne veux pas aller en prison maman. Et il ne faut pas qu’il te trouve. – Aide-moi un peu maman. Toi qui sais toujours tout résoudre… que ferais-tu à ma place ?

– Mais bien sûr. Tu as raison maman, quelle bonne idée !

– Il faut que tu ailles ailleurs. Que tu déménages. Mieux, que tu partes pour l’étranger définitivement.

– Oui, c’est ça. L’étranger.

-Définitivement. Je vais m’occuper de tout ma chère maman. Ne t’inquiète pas, tout va s’arranger. Comme d’habitude.

– Aujourd’hui c’est dimanche et le dimanche on réfléchit. Je m’occuperais de ça dès demain matin, promis. Je vais t’organiser un déménagement impeccable.

– En attendant, profite de tes belles fleurs… Je sais que tu aimes toutes les fleurs sauf, les fleurs rouges… mais le rouge c’est la couleur qui te convient maman… la seule bonne couleur pour une maman dans ton état.

– Qu’est-ce que tu dis ?

– Non, ça ne va pas être possible. Je pense que c’est en France voisine que tu finiras ta vie. C’est bien de partir à ton âge. Tu as du courage ma petite maman.

– Quoi ?– Evidemment. Je viendrais te trouver quelques fois. Mais je dois poursuivre ma vie. Ma vie sans toi. Le premier pas je l’ai fais et maintenant je vais vivre heureux.

– Non, je te dis.

– Mais tais-toi ! C’est impossible.

– Non, je te dis. Ce flic n’est pas là pour moi.

– C’est un hasard.

– Non, je n’ai pas peur. Je n’ai rien fait de mal. Je suis juste devenu majeur.

– Et il était temps pour moi de m’émanciper.

– Avoues-le maman, on est entre nous. Tu ne m’aurais jamais laissé partir, n’est-ce pas ?

– Bon ça suffit, maman. Tais-toi maintenant. Même morte tu continues à ergoter. Tu peux glousser et te plaindre, ma décision est prise. Je vais préparer ce déménagement et dans moins de deux semaines tu seras partie pour la France et tous ici, nous t’oublierons.

Blaise commença tout de suite à préparer les paquets. Il fera livrer l’appartement de sa mère dans un garde-meubles. Il informera toutes les administrations du départ de sa mère en France pour y terminer ses jours, au plus près de ses ancêtres. Un caprice de vieille dame. Tout le monde comprendra.

Si ce flic est là pour lui, il ne trouvera rien de suspect.

La grande malle en osier qui se trouvait à la cave avait la taille parfaite. Sa mère entrait dedans et prenait à peine la moitié de la place à disposition. Il déposa au fond de la malle quelques livres d’arts, puis  installa sa mère par-dessus. Il la recouvrit de sa couverture préférée. Puis, méticuleusement et avec une application toute particulière il déposa par dessus tous les livres de la bibliothèque qu’il arriva à y placer. La malle était pleine. Elle était lourde. Mais tout le monde sait bien que les livres ont du poids !

Ce dimanche-là, Blaise resta plus longtemps que d’habitude chez sa mère. En sortant, il referma la porte à clé et, comme d’habitude il se retourna et salua le vide, comme si sa mère était à la fenêtre et le regardait partir. Il lui lança même un baiser en criant :

– A dimanche prochain. Je t’aime, maman.

post

ET SI ON TCHATAIT ?

LES GENERATIONS Y / Z & LA CYBER SEDUCTION ! 

 

SmartphoneBaiser

Et le « petit garçon » deviendra un preux chevalier et la « petite fille », une princesse qui vivra heureuse et qui aura beaucoup….. de problème si elle persiste à croire aux contes de fées !

Tout au long de la vie, nous sommes confrontés à des situations qu’il faut affronter, que cela nous plaise ou non. Un peu comme des étapes à franchir et qui transformerons le « petit garçon », en preux chevalier et la « petite fille », en princesse qui vivra heureuse avec beaucoup d’enfants…   

 

5657562 - picture of a medieval noble family no transparency used in the vector file

Ah, non je m’égare encore ! Bon ok… ça ne marche pas comme ça ! Alors ? Ça marche comment ? Comment fait-on, dans la vraie vie ? La vie du 21e siècle ! L’oeil de big brother nous regarde !

Pour la générations Y (nés entre 1980-1990), et la génération Z (nés dès 2000), ça ne rigole plus ! ?

Nous sommes à l’époque où tous les « amis FB » figurant sur votre page, peuvent suivre les différentes étapes de votre parcours de séducteurs ou de séductrices ! On va vous « twitter », vous aurez des « followers » et Instagram immortalisera vos moments magiques. Vous irez « googeliser » la personne que vous avez remarquée, l’autre jour à la bibliothèque…  #(hache-tag) bref, vous êtes cernés !

Fini la séduction tranquille à l’abri des regards. Fini le temps béni où on draguait loin des copains qu’on avait laissés boire des bières au bistrot, ou des copines qui allaient au cinéma sans vous lorsque vous aviez un rendez-vous galant ! Un rendez-vous galant ? Ça se dit encore ? Non, maintenant on dit : y t’a chauffé(e) ? T’as pecho son number ? Super, y m’a invité pour une mega teuf !

Donc, de nos jours… , il faut envisager rencontre et séduction, comme une aventure collective.

  • Premier baiser : vite un selfie et hop, c’est en ligne !
  • Premier repas aux chandelles : chéri ! Je publie le menu, qu’en dis-tu ?
  • Premier week-end en amoureux : T’as aussi publié celle où on est sous la douche ?

C’est chelou ? Non ?

Et bien non. Pour les générations Y et Z c’est parfaitement normal. C’est ce qu’on appelle le

CONFLIT DES GENERATIONS

He, oh ! t’as craqué ton string ?

38396774 - mature couple at home using smartphone and tablet

  • P’têtre pas tant que ça… car

  • “La nouvelle génération est épouvantable.

  • J’aimerais tellement en faire partie !”  Oscar Wilde, Écrivain Irlandais

    “Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante.” George Orwell, Écrivain

DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS SUR TOUT… ABSOLUMENT TOUT

écrivez un petit mot à la Yeuve !

49964324 - old woman with cane. senior lady with glasses walking. vector illustration.

Elle adore mettre son nez partout et ne manquera pas de vous étonner ! Essayez sans crainte. Vous pouvez aborder n’importe quel sujet, la Yeuve vous donnera un point de vue…, son point de vue.

  Votre courrier et sa réponse seront publiés –   anonymat garantit

https://mine-de-rien.ch/nous-contacter/

Vous pouvez également utiliser notre email : info@mine-de-rien.ch

ou plus simplement, vous pouvez laisser un commentaire.

post

BREVES HISTOIRES 4ème épisode

Jérôme et Wu

Une fois encore Jérôme se retrouvait seul pour passer son dimanche. Une fois encore il se sentait médiocre et misérable. Il fallait qu’il réagisse. Il fallait qu’il surmonte sa timidité. Entre la solitude éternelle et le courage éphémère, le choix semblait simple. Une fois encore il décida d’oublier ses problèmes dans un bon verre de whisky et de reporter la mise en action de ses grandes décisions à demain.

Il était vieux garçon et travaillait du lundi au vendredi comme menuisier. Il aimait le bois et il aimait l’authenticité. Il aurait tant aimé se marier et avoir des enfants, mais il n’avait jamais eu le courage d’aborder une femme. Il était maladivement timide et même en essayant de se raisonner, il ne voyait vraiment pas comment il aurait pu s’y prendre pour faire la cour à une femme. Il y avait bien eu Agnès, qui avait travaillé pour son patron. Elle s’occupait de la correspondance et répondait au téléphone. Il l’avait tout de suite remarquée. Elle était jolie. Son nez était particulièrement splendide. Pourtant, elle était discrète. Jamais il n’aurait osé s’approcher d’elle. C’est Agnès qui s’était approchée de lui et qui l’avait invité à sa petite fête d’anniversaire. Il s’était retrouvé chez elle avec cinq ou six autres personnes. Jamais il ne s’était senti si ridicule. Il s’était endimanché, croyant être l’unique invité. Pour l’occasion il avait apporté des fleurs et un cadeau soigneusement choisi dans ses trésors. Il avait choisi avec goût une très belle boîte en sapin qu’il avait mis des heures sur plusieurs semaines à sculpter avec finesse. Le motif central représentait le buste d’une femme de profil et le nez ressemblait à celui d’Agnès, il était parfait. C’était un chef-d’œuvre. Agnès avait souri et en le remerciant elle avait ajouté, je vais la donner à ma mère, elle adore les boîtes. Ce jour-là Jérôme s’était senti ridicule, humilié. Il était vexé. Poliment, il prit congé et à partir de ce jour-là, n’avait plus jamais tenté la moindre approche. Pendant des jours et des jours, il rougissait chaque fois qu’il la croisait, puis enfin, Agnès trouva un job mieux payé et elle quitta l’entreprise. Depuis, il la croisait souvent dans la rue car sa mère habitait non loin de là.

Il ne la regardait pas franchement et ne la saluait jamais. Elle avait essayé quelques fois de lui dire bonjour en lui souriant. Mais, face à tant d’obstination, elle avait fini par renoncer et faisait maintenant comme lui… Elle baissait les yeux et ignorait sa présence.

Jérôme semblait bourru et incapable de tendresse. Pourtant, il rêvait d’amour. Il espérait qu’un miracle aurait lieu et qu’un jour, lui aussi, vivrait une relation douce et passionnée avec une femme magnifique. Il y avait une femme qui occupait toutes ses pensées, tous ses fantasmes, tous ses rêves. Une femme qui avait un nez moins joli que celui d’Agnès et qui était aussi moins jolie qu’Agnès. Mais la beauté de cette femme était ailleurs. Elle habitait en face de chez lui et ils se connaissaient depuis plusieurs années. Pourtant, Jérôme n’avait pas tout de suite pris conscience que cette femme était la femme de sa vie. C’est par un jour de printemps qu’il avait enfin levé les yeux en lui disant bonjour et qu’il l’avait vue véritablement pour la première fois. Dès que ses yeux croisèrent les siens, il ressentit une vive douleur dans le bas du ventre. Une sensation étrange qu’il n’avait jamais ressentie. Elle avait dû remarquer son trouble car elle avait marqué un temps d’arrêt comme si elle croyait qu’il allait lui parler.

Mais non, il continua sa route sans oser l’aborder. A n’en pas douter Wu était la femme de sa vie, son âme sœur. Il ne pensait qu’à elle, ne rêvait que d’elle sans oser faire le moindre pas. Il était si timide qu’il n’osait même pas la regarder. Elle habitait à deux minutes et il n’avait encore pas trouvé le courage de traverser cette maudite route et de frapper à sa porte pour lui avouer ses sentiments !

Cette femme était pour lui. Elle se tenait la tête haute. Elle avait du chien. Comme un ado incompétent, il était amoureux de sa voisine. Comme un voyeur dégoûtant, il la regardait à son insu. Il pouvait le faire sans peine lorsqu’il s’installait dans son fauteuil près de la fenêtre. Wu vivait la plupart du temps avec ses rideaux ouverts. Même la nuit, lorsque la lumière permettait les regards indiscrets, elle gardait ses rideaux ouverts. Il pouvait alors l’observer dans ses activités les plus insolites. Wu, aimait faire la cuisine, elle écrivait, elle tricotait, elle écoutait de la musique. Il lui arrivait même de danser. Elle semblait en paix avec elle-même. Parfois il arrivait que son visage reflète la tristesse. Ses yeux semblaient se remplir de larmes. Alors, elle s’asseyait dans son canapé et regardait en direction de la maison voisine. D’autres fois, elle sortait dans le jardin et se postait près de la haie comme pour espionner le petit monstre qui lui servait de voisin. Jérôme était certain qu’il avait vu dans son regard, de la tendresse… Peut-être même de l’amour pour cet homme qui n’avait rien pour plaire. Pourquoi s’intéresse-t-elle tant à lui ? se demandait-il régulièrement.

Il avait déjà bu deux whiskies lorsqu’il s’approcha de son fauteuil et s’en servit un troisième avant de s’installer confortablement. Wu n’avait plus 20 ans, mais elle était splendide. Elle ne devait pas avoir d’enfants. Personne ne venait jamais lui rendre visite. Jérôme pouvait, en fermant ses yeux, imaginer le grain de peau de Wu. Il avait tellement envie de la serrer dans ses bras, de sentir son odeur, de découvrir les moindres détails de son corps. Mais lorsque le désir était trop fort, il le refusait. Il n’était pas question de souiller ce Grand Amour. Il ne jouirait avec Elle qu’en sa présence.

Soudain Wu apparut. Dieu qu’elle était belle. En la regardant, il se jura d’aller lui parler très vite. Il n’allait quand même pas rater la femme de sa vie uniquement parce qu’il était un timide pathologique. Il fallait qu’il trouve la force de sonner à sa porte pour lui parler et pour l’inviter au restaurant. En fermant les yeux il visualisait mieux ce moment exceptionnel. Wu accepterait et ils iraient, main dans la main jusqu’au Château de la Rive où il aurait réservé la meilleure table. Wu lui sourirait et tout serait pour le mieux. Il le ferait bientôt et bientôt sa vie prendrait un tout autre chemin. Il le ferait bientôt car il voulait heureux. Il voulait lui offrir tous les objets qu’il avait fabriqués. Coffres, coffrets, étagères, cheval à bascule, jouets nombreux – pour les enfants qu’ils auraient peut-être un jour – et pour immortaliser leur amour, il fabriquerait de ses propres mains leur lit nuptial. Il se voyait déjà sculptant le profil de leurs deux visages surmontant le haut du lit ! Brusquement interrompu dans ses pensées par la sonnerie de la porte, la dure réalité s’imposa. Il rêvait, mais il ne construisait pas. Qui cela pouvait-il bien être ? Il n’attendait personne. Il se leva, mais grâce aux whiskies, ses jambes ne le soutenaient qu’avec intermittence. Il se sentait tout mou et sa tête tournait un peu. Il finit par y arriver et … C’était elle. Wu se tenait debout devant lui. Elle souriait.

Excusez-moi de vous déranger dit-elle d’une voix douce et agréable.

Non, non. Vous ne me dérangez pas.

Et bien, je… Je ne sais pas comment vous dire ça. Je vis seule. Je suis votre voisine d’en face

Je sais. Je vous ai déjà remarquée.

Elle rougit légèrement.

Voilà, je m’ennuie tellement que j’ai pensé que vous accepteriez peut-être une invitation à dîner ? Je suis bonne cuisinière mais c’est si déprimant de préparer un repas pour une seule personne. Qu’en pensez-vous ? Dites oui !

Il n’en croyait pas ses oreilles. Il était flatté. Il était heureux. Il était gêné. Il devait sentir l’alcool et avoir une tête de déterré. Il commença à bredouiller, de plus en plus fort, comme un ronflement, un ronflement si puissant, si sonore, si invraisemblable, un ronflement presque indécent qu’il finit par le réveiller !

Jérôme était assis sur son fauteuil son troisième verre vide dans sa main. Il avait rêvé. Il jeta son verre qui se brisa en une multitude d’éclats. En ramassant les débris, Jérôme se dit à lui-même que c’était son dernier dimanche de timide. Dimanche prochain, Wu ferait partie de sa vie…