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Des mots pour le dire

DEPUIS QUE LE MONDE EST MONDE…

AUX MAÎTRES DU MONDE

Seule au milieu de tous ces gens,  n’ayant ni le droit à la parole,  ni le pouvoir de l’argent.  Je tente, sous forme de récit, un improbable pari. Je m’adresse à vous

Présidents et trop nombreux dirigeants. 

A Vous, qui êtes politiquement obéissants. A vous qui êtes religieusement inconscients. Et à vous, qui êtes avidement, faiseurs d’argent. 198 gouvernements, un Dalai Lama, un Pape, des Rois. Des Imams, des Rabbins, des Hommes de foi. Et avec eux, un clan de milliardaires, scandaleux mais solidaires. Ce sont eux, ces affreux, responsables de l’inacceptable situation régnant sur notre Terre. Servant aveuglément un seul et unique tyran.

L’argent !

Propre, sale, mafieux. Leur credo en avoir, en avoir, et en avoir… Quel Pouvoir ! L’argent c’est délicieux. L’argent c’est odieux…

Nos chefs sont manipulables. Nos dirigeants sont dirigeables. Ils acceptent l’inacceptable. Justifient l’injustifiable. Ils tolèrent l’intolérable. Une bande de détraqués, se moquant totalement du Reste de l’humanité.

Dieu finira vraiment par se fâcher !  Devrons-nous tous trembler ?

Ou alors mourir noyés ? Devrons-nous expier, sans air pour respirer ? Serons-nous foudroyés ? Ou pire, désintégrés ? Il Suffirait de presque rien pour changer le monde et son destin.

Nous sommes tellement plus nombreux que cette poignée d’ambitieux, qu’il ne me semble pas si audacieux de penser que nous pourrions faire mieux qu’eux !

Manola D’Angelo,2018

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Parlons d’Amour

Le secret

Ces temps-ci je vous ai regardé, je vous ai écouté, je vous ai reniflé. Ces temps-ci je vous ai aimé et je me suis aperçue que la nouvelle déclinaison de cette passion, prenait enfin une couleur de perfection.

Vous aimer sans vous attendre. Apprécier les moments tendres sans tenir compte de vos faiblesses. Sourire de vos maladresses. Penser à vous sans m’oublier et, surtout, ne plus jamais douter car, qu’est-ce que l’infidélité ?

Je suis prête maintenant à me passer de vous sans me lasser des moments doux. Je suis prête également à me passer des moments doux sans me lasser de vous.

Vous avoir rencontré m’a permis d’inventer, pas à pas et ostensiblement, une autre façon d’aimer.

Maintenant donc, plus besoin d’en parler. Entre vous et moi, LE SECRET, à jamais.

Manola D’Angelo

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Petite poésie de juin

J’ai fait tout ce qu’il fallait

Parce que quand il faut, il faut !

Même si tout est faux.

Aujourd’hui j’ai tout fait

Parce que j’étouffais !

J’avais tellement chaud

Que faire m’a donné de l’air.

L’air concentré j’ai tout fait faux

Faute de pouvoir faire encore

Je me suis dit… fais ta

Fainéante, écris !

Je crie, j’écris, je crie famine

Et, mes mots s’imaginent

Trouver un sens

dans le non sens de mon existence !

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BREVES HISTOIRES

L’origine du mal

Je possède peu d’atout pour affronter d’un coup le regard d’autrui sur le sens de ma vie. Ma vie, je l’encense, je l’aime, je la conduis comme le suggère la Lumière qui me remplit. Me prétendre inspirée, moi qui ne suis rien, aurait pu me valoir, le bûcher en des temps très lointains. De nos jours, heureusement, l’homme s’est amélioré et le pire qui pourrait m’arriver serait d’être méchamment critiquée et réduite en poussière, comme une inculte primaire.

En fait il est vrai que je ne possède pas la science. Je n’ai pas de licence et lis peu les journaux. Tant pis, je me lance et écris sans crainte ma façon de comprendre la grande tromperie qui nous a avilies. Au début j’ai pensé que si personne n’en parlait c’est que je rêvais. Aujourd’hui, j’ose le défi, car je crois que d’autres femmes aussi reconnaîtront certaines de mes affirmations.

Je crois que tout est à refaire mais comment le faire sans passer par l’enfer ? Oui je sais…. Cela semble impossible, mais ça devra pourtant se faire et pour le faire faudrait tout reprendre à l’envers. Retour à la case départ pour entrevoir une autre histoire. Mais la case départ faut la choisir dans l’infinie éternité et ce n’est pas par hasard que je vais commencer par tourmenter le Livre Sacré. Il est aussi le plus vendu et le moins lu au monde. Ouvrons donc la Mystérieuse Bible, la Parole de Dieu, la Parole Divine… ainsi soit-il.

Il n’y a pas besoin d’aller très loin , les trois premiers chapitres de la Genèse suffiront à vous faire partager mes doutes quant à la fidélité de Moïse à transmettre la Parole Divine. Je soupçonne Moïse d’avoir manœuvré pour tromper l’humanité. Vanité des vanités ! mais la vanité, quand l’Ecclésiaste en a parlé, avait déjà été consommée.

En trois chapitres, Moïse a réduit LA femme originelle créée au chapitre 1 de la genèse à UNE femme au chapitre 2 pour finir par devenir SA femme au chapitre 3. Difficile de comprendre pourquoi le serpent est devenu fourbe et diabolique alors que jusque là il était, comme tous les autres animaux de la Terre, soumis à l’Homme. Difficile aussi de comprendre pourquoi il décida de séduire Eve, devenue pour sa part la femme d’Adam, Adam qui lui n’est évidemment pas l’Homme du chapitre 1 créé à l’image de Dieu. Un vrai sac de nœuds… de serpents !

Allez Mesdames, relevons la tête. Non seulement nous ne sommes pas à l’origine du mal mais en plus nous sommes différentes de Dieu ! N’est-ce pas merveilleux….

Manola D’Angelo

 

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BRÈVES HISTOIRES, 10e Episode

 

LE CHANTAGE

Virgile était content. Il avait rendez-vous avec son destin et il s’en réjouissait. Il allait enfin pouvoir assouvir sa vengeance.

C’est un peu comme si tout se mettait en place sans qu’il n’ait à intervenir. Il avait cultivé une haine irréversible à l’encontre de sa sœur qui avait, à ses yeux, participer à l’enfer qu’il avait enduré durant son enfance et son adolescence. Aujourd’hui encore il faisait des cauchemars et il ne parvenait pas à trouver un sens à sa vie, tant il était traumatisé par les sévices qui lui avaient étés infligés. Son père l’avait vendu à un médecin chercheur fou qui l’avait utilisé pour ses expériences comme s’il n’avait été qu’une souris de laboratoire. Il s’était échappé de cet enfer grâce à un flic à l’air débonnaire mais qui avait fini par le sortir de là. Il ne l’oubliait pas. Justin Demierre, lui avait sauvé la vie.

Puis il avait observé les voisins, Blaise et sa mère. Lui, plus que quiconque, savait reconnaître les gens bizarres et Blaise était, à n’en pas douter, un étrange personnage. Il avait pris goût à l’observer et alors qu’un soir il faisait un petit tour dans son jardin plongé dans la pénombre de la nuit, il fut témoin du meurtre de Blaise. Blaise et sa mère s’engueulaient. Virgile n’entendait pas les mots prononcés mais il assistait très clairement à une grave dispute. Soudainement, Blaise serra le cou de sa mère, il serrait de plus en plus et lorsqu’enfin il la lâcha, elle s’effondra, morte, sur le sol du salon.

Blaise se tenait debout, comme un pantin ahurit. Puis il descendit il disparu. Virgile était toujours caché derrière un arbre et ne pouvait détacher ses yeux de la vieille femme étendue. Blaise réapparut avec une grosse malle en osier. Il déposa de gros livres d’art dans le fond, puis il emballa le cadavre de sa mère dans un drap et enfin il recouvrit le tout, de deux sacs poubelles de 110 litres. Pour finir, et avec quelques difficultés il déposa le sinistre paquet dans la malle et ensuite compléta le tout en ajoutant de gros livres et ensuite des plus petits, jusqu’à ce que le corps soit complètement recouvert. Ensuite il tira la malle péniblement jusqu’au réduit à côté de la porte d’entrée et glissa la malle à l’intérieur.

Virgile en avait assez vu. Bien-sûr il aurait pu appeler Justin Demierre à ce moment-là, mais une étrange impression l’en empêcha. Et s’il pouvait tirer parti de ce qu’il venait de voir ? Les jours suivants il continua d’observer le petit manège de Blaise. Ce soir, il jouait le tout pour le tout. Bien-sûr, Justin était sur le coup car un jour qu’il était passé le saluer, Virgile lui fit part de son inquiétude car il n’apercevait plus la mère de Blaise. Il se garda bien de lui dire qu’il avait vu Blaise assassiner sa mère. Non, il sema habilement un léger doute, suggérant que Blaise était peut-être un psychopathe passant inaperçu. Justin, qui avait bien des affaires sur le feu, ne résista quand même pas à sa curiosité légendaire et, il commença une enquête discrète.

Il avait parlé avec Agnès et sa mère. Agnès avait un œil sur Blaise et sa mère qui ne rêvait que de marier sa fille. Il avait été à la rencontre hebdomadaire des paroissiens de l’église pour essayer d’en savoir plus sur la disparition suspectée. Virgile s’en était mordu les doigts mais visiblement, cela avait stimulé la peur de Blaise, qui semblait très motivé à organiser le pseudo déménagement de sa mère en France voisine.

Blaise était assis dans le seul fauteuil qu’il avait gardé et il attendait fébrilement la venue de Virgile. Que diable lui voulait-il ? Pourquoi ce petit gnome lui faisait-il tellement peur ? Il était inquiet. Cela avait sûrement un lien avec sa sœur et le témoignage qu’il avait fait en sa faveur.

Soudain la sonnerie de la porte retentit. Blaise se leva tranquillement et alla ouvrir. Ils prirent place autour de la table de la cuisine et Virgile s’exprima sans détour.

– Monsieur, je veux que vous assassiniez ma sœur. Vous la connaissez, c’est votre voisine Wu.

  • Comment ? Vous voulez bien répéter ça plus lentement.
  • JE VEUX QUE VOUS ASSASSINIEZ MA SŒUR
  • Mais pourquoi ?
  • Pourquoi je veux que vous l’assassiniez ou pourquoi c’est à vous que je le demande.
  • Les deux.
  • 1. Je veux voir ma sœur morte. 2. C’est à vous que je le demande parce que vous êtes un expert.
  • Comment ça, je suis un expert ?
  • Oui, vous êtes un expert. Je vous ai vu assassiner votre mère. Vous avez été rapide, efficace. Vous avez conservé votre sang-froid et vous avez résolu votre problème. Vous allez faire la même chose pour moi.
  • Vous avez vu quoi ?
  • Vous savez très bien ce que j’ai vu.
  • Mais vous avez dû rêver.
  • Je n’ai pas rêvé et j’ai des preuves que je ne manquerais pas de transmettre à la gendarmerie en cas de refus de votre part.

La discussion dura encore le temps de la mise au point.

  • Je crois que nous n’aurons plus besoin de nous revoir.
  • Je le crois aussi, dit Blaise.
  • Et bien, je vous souhaite une longue vie sans remords.
  • Et moi je vous souhaite le pire du pire !
  • Adieu Monsieur Blaise.

Dehors, l’air était frais. Virgile était content. Très content. Il espérait juste avoir fait assez peur à Blaise pour que celui-ci aille jusqu’au bout. Perdu dans ses pensées, il n’aperçut pas l’homme qui marchait quelques pas derrière lui.

  • Virgile, tu marches vite pour une promenade du soir !

En se retournant, Virgile aperçut Justin Demierre.

  • Bonsoir Justin. Que fais-tu là ?
  • Je me promène. Il fait bon ce soir. Et toi Virgile, tu es allé t’enquérir de l’absence de la mère de Blaise ?
  • Oh à ce propos, je me suis fais des idées. Ce soir, alors que nous discutions de la prochaine fête de la paroisse, le téléphone sonna et j’ai entendu Blaise parler avec sa maman. Je crois, qu’elle est bel et bien en vie et que Blaise n’a rien d’un psychopathe.
  • Ben si tu le dis, Virgile ! C’est fou, comme les impressions ça nous prend, puis ça nous lâche. Mais ne dit-on pas que la première impression est souvent la bonne ?
  • Les dictons existent pour être contredits. Je t’assure Justin que je me suis raconté des histoires.
  • Ben on cause, on cause et te voilà arrivé à la maison. Tu m’invites pour un petit Calva?
  • La prochaine fois Justin. Je suis crevé. La journée a été longue.
  • Alors dors bien, Virgile. On se reverra bientôt.

Virgile rentra chez lui et s’épongea le front.

  • Ah c’est la merde. Justin ne m’a pas cru. Il se méfie. Merde !

 

 

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BRÈVES HISTOIRES, 9ème épisode

Jerôme, Virgile et Wu

En arrivant chez sa mère, Blaise tourna la clé dans la serrure et aperçut, du coin de l’œil, le capitaine Demierre qui continuait sa route. Le Capitaine souleva son chapeau en guise de salutations et lui lança :

Mes hommages à Madame votre mère.

Blaise entra et referma la porte en prenant soin de tourner deux fois le verrou de l’intérieur. Il s’appuya contre la porte et respira profondément. Il s’essuya le front. Il venait d’avoir un coup de chaleur. Il desserra le col de sa chemise  et se dirigea vers la cuisine pour s’y servir un grand verre d’eau bien fraîche. Puis il retroussa ses manches et s’approcha du salon.

  • Ce Justin Demierre est une vraie plaie. Je suis sûre qu’il me veut du mal. Il faut que je me reprenne. Il faut que je garde mes idées claires.
  • Ça va mon chéri ?
  • Oh fous-moi la paix, je ne suis pas d’humeur à entendre tes jérémiades.
  • Mais enfin, Blaise, mon chéri. Que se passe-t-il ?
  • Tout ça c’est de ta faute. Comme toujours. C’est toujours de ta faute.

Blaise retroussa ses manches. Il fallait tout finir d’empaqueter. Les déménageurs seraient là à 10 h 30 pour tout emporter dans le sud de la France. Il avait réservé un garde-meuble près d’Aix-en-Provence et avait déjà réglé les frais pour la durée d’une année entière. Il avait pensé à tout.

Tout en fermant les cartons, il se remémorait la rencontre avec les paroissiens. Agnès et sa mère, le vicaire, sans oublier le Capitaine Demierre! Quelle poule mouillée ce Benoît. Et cette foutue Agnès qui lui fait les yeux doux sans vergogne ! Mais celui qui l’inquiétait le plus c’était le capitaine Demierre. Que diable voulait-il à sa mère ? Pourquoi ce capitaine de la gendarmerie s’intéressait-il à sa mère ?

  • Maman, on peut savoir ce qu’il te veut ce flic ?
  • Je ne connais pas de flic. Tu dois te tromper.
  • Ben voyons. Je ne me trompe pas, maman. Il veut te parler. Il me l’a dit et il m’a même donné son numéro de téléphone pour que tu l’appelles.
  • Et bien je vais l’appeler et comme ça nous serons fixés.
  • Tu ne peux pas l’appeler.

Blaise est très énervé. Il transpire. Il respire fort. Il est comme fou.

  • Et bien appelle-le toi-même.
  • Et je lui dis quoi exactement ?
  • Tu vas bien trouver quelque chose.
  • Non, non, non hurle-t-il, je ne vais rien trouver à lui dire.

Blaise s’effondre. Il pleure. Il sanglote. Il frissonne.

  • Maman !
  • Oui mon chéri. Qu’y a-t-il ?
  • Maman. Tu me manques.
  • Pourquoi ? Je suis là. Je suis toujours là pour toi.

Tout à coup, il passe de la tristesse à la colère noire et hurle :

  • Tais-toi. Mais tais-toi à la fin. Je ne veux plus t’entendre.

Il met ses mains sur ses oreilles et répète comme une comptine, comme un enfant :

  • Je ne t’entends plus. Je ne t’écoute plus, je ne t’entends plus, je ne t’écoute plus.

**********

Les cartons étaient prêts. Tout était prêt pour le départ des affaires de sa mère en France voisine. Il pouvait aller se coucher. Ce soir, il dormirait dans sa chambre, comme au bon vieux temps. Peut-être y trouvera-t-il un peu de paix.

Mais avant, il devait encore détruire les CD, tous les CD. C’était trop difficile. Il avait mis beaucoup de soins à constituer sa petite collection et l’idée même de devoir s’en débarrasser lui était insupportable. Il fallait qu’il trouve un autre moyen.

La nuit porte conseil. Il allait trouver. Il fouilla dans le carton des colifichets et en sortit le foulard préféré de sa mère. Il était doux. Il sentait bon. Il le chiffonna et le renifla tout en se dirigeant vers la porte de sa chambre.

A 7 h 00 le réveil sonna. Blaise mit tout en ordre dans sa chambre avant de descendre à la cuisine se préparer un petit déjeuner copieux. Jus d’orange, café, œufs brouillés. Ça sentait bon, il avait mis la radio. Vers 8 h 30 la sonnerie de la porte le fit sursauter.  Ça ne pouvait pas déjà être les déménageurs. Qui donc cela pouvait-il bien être ?

En ouvrant la porte, la vision du voisin difforme lui fait faire un pas en arrière. Virgile, le frère de Wu se tenait devant lui.  (Voir épisode 1)

Blaise avait rencontré Wu au moment du divorce de celle-ci. Elle était mariée à un fou furieux qui lui tapait dessus et Blaise avait témoigné au procès de divorce car il avait aperçut à plusieurs reprises Wu en mauvaise posture face à son mari violent. Il n’avait pas eu le choix. Il avait été convoqué et il s’était contenté de dire la vérité. Il avait vu le mari de Wu ivre mort, frapper sa femme au moins à 4 reprises.

Wu lui en avait été reconnaissante. Elle lui avait apporté une tarte pour le remercier et, à cette occasion, elle s’était laissée emporter par les confidences. Wu lui avait parlé de ce frère ennemi qui vivait en face de chez elle mais qui refusait de lui parler.

  • Bonjour Monsieur. N’ayez pas peur. Je suis moche mais je ne mange personne.

Blaise reste silencieux. Il attend.

  • Je suis un proche voisin. Regardez, j’habite cette maison là-bas.
  • Oui, je sais. Je vous ai déjà croisé.
  • Ah bien. Voilà, je suis un peu ennuyé de vous déranger mais je voudrais vous demander de bien vouloir me rendre un grand service.
  • Quel genre de service ?
  • Je peux entrer un moment ?
  • C’est que je suis en plein déménagement. J’attends les déménageurs d’une minute à l’autre.
  • Je comprends. Y a-t-il un moment où nous pourrions nous voir ?
  • Ecoutez Monsieur ?
  • Monsieur Chalot. Virgile Chalot.
  • Ecoutez Monsieur Chalot. J’ai pas mal de choses à faire et ces prochains jours je serai très occupé. Je ne crois pas que je sois la bonne personne pour vous rendre service.
  • Moi, je crois que oui. Et ce n’est pas votre mère qui nous dira le contraire, n’est-ce pas ?
  • Je ne comprends pas.
  • Mais si, mais si…. Vous comprenez très bien. Je repasserais ce soir pour vous parler clairement du service que vous allez me rendre.
  • Vous semblez bien sûr de vous. Je ne suis pas certain de vous le rendre ce service.
  • Bien sûr que si. Vous n’avez pas d’autre choix.
  • A ce soir.

Blaise referma la porte et son petit déjeuner remonta d’un coup, juste le temps d’arriver à la salle de bains.

Ce type savait.

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BRÈVES HISTOIRES, 7ème épisode

WU ET JÉRÔME

Jérôme se sentait bien. La journée s’annonçait splendide. C’était lundi. Jérôme aimait le lundi. Le lundi c’était le début de la semaine. Le début de l’enthousiasme. Comme chaque jour il irait travailler. Jérôme aimait son travail. Mais aujourd’hui il avait un projet. Il passerait chez le fleuriste pour choisir un bouquet qu’il souhaitait faire livrer. Faire livrer des fleurs à Wu lui était apparu comme une idée de génie. Les fleurs feraient le premier pas et ainsi il sera très vite fixé sur ses chances de réussite.

Wu était entrain de penser à son frère et à leur sinistre relation lorsqu’elle entendit la sonnerie de la porte. Qui cela pouvait-il bien être ? Elle n’attendait personne. Elle n’en croyait pas ses yeux. Le bouquet était si gros, qu’elle ne voyait même pas le visage du livreur. Elle prit les fleurs, remercia le livreur en lui donnant une petite pièce et se dirigea à la cuisine pour trouver un vase approprié. Elle ouvrit l’enveloppe et lu le texte :

N’ayant pas le courage de vous aborder, j’utilise ces quelques fleurs en guise de bouclier. Accepteriez-vous un dîner ?Jérôme, le voisin d’en face  oui ou non au 0795189340

Elle sourit et déposa délicatement les fleurs afin de les arranger dans son plus beau vase. C’était un bouquet blanc, tout en douceur et en subtilité.

mine-de-rien-ch-7emeepi-fleurWu n’avait jamais reçu de fleurs, ni d’invitation aussi charmante. Elle visualisait très bien le voisin d’en face. Jérôme était plutôt bel homme et elle n’arrivait pas à croire qu’il puisse avoir envie de la séduire.Elle aussi l’avait remarqué mais jamais elle n’aurait osé imaginer l’approcher de plus près. Elle se sentait heureuse, joyeuse. Elle avait envie de chanter et de préparer un gâteau à son grincheux de frère. Et pendant qu’elle y était, elle en ferait un autre pour Mme Jacquet. La vie lui semblait tellement plus belle depuis qu’elle avait lu la carte de Jérôme. Elle voulait partager sa joie en offrant de la joie à son tour. Elle n’était pas amoureuse, du moins pas encore. Mais ce sentiment de légèreté de l’être était une émotion rare pour Wu. Elle n’arrivait même pas à se souvenir la dernière fois qu’elle s’était sentie envahie par cette douceur de l’âme. Il fallait écrire le « SMS » à Jérôme. Elle se demandait si elle devait le faire tout de suite ou attendre un peu. Ne jamais se précipiter, jamais. Elle était maîtresse en matière de retenir sa spontanéité en toutes occasions. C’était un dysfonctionnement instinctif. Donc elle décida rapidement de ne pas répondre avant la fin de la journée.

De toute façon la journée passerait vite car elle avait un « fourmilion » de choses à faire. D’abord elle voulait passer chez Madame Jacquet, une autre voisine. Wu était un peu inquiète à son sujet. Il y avait quelques semaines qu’elle n’avait plus croisé sa voisine. Comme il s’agissait d’une femme d’un certain âge, Wu pensait qu’il serait juste de passer chez elle prendre de ses nouvelles et offrir son aide si nécessaire. Peut-être que Mme Jacquet se sentait peu bien et qu’elle apprécierait que quelqu’un lui fasse les courses ou un peu de ménage. Il y avait déjà quelques jours qu’elle y pensait. Si elle ne s’était pas manifestée plus vite c’est parce qu’elle avait vu son fils lui rendre visite au moins les deux dimanches précédents. Si son fils passait, c’est forcément que la situation n’est pas dramatique. Mais Wu, voulait quand même aller demander à sa voisine si elle pouvait lui être utile. Lui dire qu’elle avait remarqué son absence à la messe du dimanche. Lui offrir son aide et son amitié.

Wu avait préparé une tarte pour son frère et décida de passer chez Virgile avant d’aller chez Mme Jacquet. Elle sonna chez son frère, le cœur léger, pour une fois. Aujourd’hui aucune angoisse à l’idée de se faire clasher une fois encore.

  • Que veux-tu ? dit-il d’un ton bougon en ouvrant la porte.
  • Je t’ai apporté une tarte aux abricots, répondit-elle tout en sourire.
  • Tu as l’air de bien bonne humeur.
  • Je le suis, Virgile. Je me sens heureuse et légère.
  • Ça te va bien. Il prend la tarte. Merci et salut.
  • Salut. A très vite.

Wu n’en revenait pas. Virgile avait presque été agréable. Décidément, cette journée était magique. L’amour appelle l’amour. La haine appelle la haine.
La maison de Mme Jacquet se trouvait au coin de la rue. Elle s’y rendit le cœur en joie. Au moment de traverser la rue, elle aperçut du coin de l’œil une silhouette connue. Son cœur s’arrêta de battre une seconde. C’était Jérôme. Il rentrait chez lui et à n’en pas douter, il ne l’avait pas vue. Elle en était soulagée et continua sa route en direction de la maison de Mme Jacquet. Arrivée devant la porte elle sonna. Pas de réponse. Alors elle frappa, puis finit par appeler doucement et de plus en plus fort :

  • Mme Jacquet. Mme Jacquet, vous êtes là ? C’est Wu, votre voisine.
  • Je peux entrer Mme Jacquet ? Vous êtes là ? Elle tapa plus fort contre la porte.
  • Mme Jacquet. Ouvrez-moi. Vous allez bien ? Vous n’avez besoin de rien ? Répondez-moi .

Un homme s’approcha discrètement d’elle par derrière. Elle sursauta.

  • Vous cherchez Mme Jacquet ?
  • Oh, mon Dieu ! Vous m’avez fait peur ! Qui êtes-vous ?
  • Et vous ?
  • Ça ne vous regarde pas.
  • Scusez-moi, M’dame. Je me présente. Cap’taine Justin Demierre de la gendarmerie cantonale. Il lui montre son matricule.
  • Oh ! vous êtes de la police. Il est arrivé quelque chose à Mme Jacquet ?
  • Je ne sais pas. À vous de me le dire. À quand remonte votre dernière rencontre avec   Mme Jacquet ?
  • Euh ! Je ne sais plus trop. Deux semaines, peut-être trois. J’ai préparé une tarte pour elle. Ne la voyant plus ni passer dans la rue ni venir à la messe le dimanche matin, je voulais savoir si tout allait bien pour elle.
  • C’est gentil ça. Je ne crois pas qu’un de mes voisins s’inquiéterait s’il ne me voyait plus pendant deux ou trois semaines.
  • Oui… mais ici c’est un petit quartier. On se connaît et on s’intéresse les uns aux autres.
  • Mais bien sûr ! Un quartier parfait. Habité par des gens au-dessus de tout soupçon.
  • Que voulez-vous dire Capitaine. De quoi pourriez-vous bien me soupçonner ?
  • Allez savoir ?
  • Vous savez quelque chose au sujet de Mme Jacquet ? Elle va bien ?
  • Je ne sais pas si elle va bien mais à ma connaissance, elle n’est pas là.
  • Ah bon ! Elle est partie en vacances ?
  • Ça non plus je ne saurais le dire. Il y a des gens qui s’en vont et on n’arrive jamais à savoir ni où ils vont ni pourquoi ils s’en vont.
  • Capitaine, je vous trouve bien mystérieux.
  • Mademoiselle, le mystère, ça rend la vie excitante. Allez, rentrez chez vous et mangez votre tarte.
  • Je vais peut-être même la partager avec quelqu’un.
  • Faites donc ça. Vous privez surtout pas, la vie est courte.
  • Si vous apprenez quelque chose sur Mme Jacquet, venez me le dire. J’aimerais avoir de ses nouvelles.
  • J’y manquerais pas. J’passerais vous voir, ça me donnera l’occasion de déguster une part de tarte.
  • Venez quand vous voulez, j’en ai toujours une de prête !

Wu sourit. Elle se sentait toujours d’humeur joyeuse et comme Mme Jacquet était sûrement bel et bien en France, auprès de ceux qui lui sont chers, tout était pour le mieux. Elle pouvait maintenant penser à elle. D’abord répondre à Jérôme. De retour chez elle, elle prit place dans son fauteuil préféré, tira son portable de son sac et s’installa confortablement. Elle composa le numéro et rédigea en lettres majuscules le OUI qui lui mettait le sourire aux lèvres. Puis elle appuya sur « envoyé ».
Quelques secondes à peine plus tard, son téléphone vibra. C’était Jérôme. Son cœur se mit à battre plus fort. Elle n’osait pas répondre. Qu’allait-elle dire.

  • Allo ?
  • Allo. Bonsoir. C’est Jérôme. J’ai reçu votre réponse.
  • Oui et moi, j’ai reçu votre bouquet. Il est magnifique. Je vous remercie.
  • Non, ce n’est rien. Alors vous êtes d’accord pour un dîner. Je vous propose samedi soir. Je viendrais vous chercher à 19 h 30 et nous irons manger à la Croix-Blanche.
  • Oh, à la Croix-Blanche. C’est un restaurant qui a grande réputation.
  • Oui, je crois qu’on y mange très bien.
  • Bien.
  • Bien. Je suis content.
  • Je suis contente aussi.
  • Bien.
  • Bien. Alors à samedi Wu.
  • A samedi Jérôme.

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BRÈVES HISTOIRES, 6ème épisode

JUSTIN DEMIERRE ET BENOÎT PIERRHUTTE

 

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Le Vicaire et le flic

Le Vicaire Benoît Pierrhutte était un homme grand et maigre. Il se tenait droit et son regard était glacial. Il préparait, assis à son bureau, le sermon qu’il dirait dimanche, à la demande du Curé qui se rendait à un séminaire et qui serait absent trois semaines durant. Benoît aimait les absences du curé. Officier à la Grand Messe du dimanche était pour lui un moment jouissif. Il éprouvait un sentiment de pouvoir absolu lorsqu’il montait sur la chair et qu’il prenait la parole.

Dimanche il s’adresserait à ses ouailles avec force, pour leur rappeler l’importance de la prière et le pouvoir de la confession. Il inciterait ainsi, les plus réticents d’entre eux à se confesser et à venir déposer leur fardeau en confession privée.

Ah confesse ! Quelle merveilleuse invention pour distraire le clergé ! Toutes les petites manies, les attitudes, les mensonges, les mesquineries qui étaient racontées sous le sceau du secret et qui, recevait le pardon du curé et, par voie de conséquence, de Dieu lui-même. Il avait longtemps hésité dans sa jeunesse. Flic ou curé ? Deux professions offrant un pouvoir intéressant. Finalement, il avait choisi d’entrer dans les ordres et il n’avait jamais regretté ce choix.

Un homme attendait devant la cure. Le vicaire s’approcha de lui.

  • Je peux faire quelque chose pour vous, Monsieur ?
  • Très beau sermon.
  • Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître. Je peux faire quelque chose pour vous… Monsieur ?
  • Capitaine Demierre.
  • Capitaine ?
  • Oui, Justin Demierre de la Police Cantonale. J’ai quelques questions à vous poser.
  • A quel sujet ? Mais je vous en prie, entrez. Nous serons mieux à l’intérieur. Je vous sers quelque chose : café, thé, un verre de porto ?
  • Un petit porto avec plaisir. J’enquête discrètement sur la disparition d’une de vos ouailles.
  • Je ne vois pas de qui vous voulez parler. Personne n’a été signalé comme disparu dans ma paroisse.
  • Que pouvez-vous me dire au sujet de Mme Jacquet. Rosemarie Jacquet.
  • Rosemarie Jacquet ? Le vicaire semble chercher au fond de sa mémoire. Visiblement, il n’est pas très à l’aise. Le Capitaine l’observe attentivement tout en poursuivant.
  • Elle habite le quartier, vous la connaissez, n’est-ce pas ?
  • Oui, oui. Mme Jacquet. Bien sûr. Fidèle paroissienne de notre Eglise. Une femme qui ne manquait jamais la messe du dimanche. Soudainement, son fils m’a dit qu’elle était partie rejoindre sa famille en France voisine. Elle est partie précipitamment et depuis je n’ai plus de nouvelles.
  • Et vous, Monsieur le vicaire, vous connaissez son fils ?
  • Oui, un peu. Comme ça. Bien qu’il vienne très régulièrement, nous ne parlons pas beaucoup ensemble. A peine la messe est finie qu’il a déjà disparu. Je n’ai pas souvent eu l’occasion de lui parler.
  • Donc vous ne connaissez pas Blaise Jacquet personnellement.
  • Si. Je le connais personnellement. Mais où voulez-vous en venir ?
  • Nulle part, Monsieur le Vicaire. Nulle part. Je m’interroge. C’est tout.
  • Mais c’est quoi le problème ?
  • Y’a pas de problème Monsieur le vicaire. Merci pour le porto. Je repasserais sûrement vous voir.
  • Au revoir, Capitaine.
  • Au revoir Monsieur le vicaire. A bientôt.

Le vicaire referma la porte de la cure. Il mit la bouteille de porto dans le buffet et en tira la bouteille de cognac. Il s’en servit une grande portion et l’avala cul sec !

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Des mots pour dire

42200957 - pregnant, mom, hair.

AMOUR EmaTERNEL

Femmes, en avant !

Il n’y a aucune raison d’avoir peur.

Levons l’Armée de l’intelligence du coeur.

Non seulement créatrices,

Nous sommes aussi éducatrices.

Devenons libératrices !

Cessons de revendiquer

Une absurde égalité.

Sortons enfin de ces années noires.

Nos enfants nous offrent UN GRAND Pouvoir.

Saisissons-le et changeons le monde.

A nous, de faire des adultes de demain,

Des hommes Meilleurs, des hommes de Bien.

Femmes, en avant !

Il est Grand Temps !

Manola D’Angelo

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BREVES HISTOIRES 5ème épisode

Blaise chez sa mère

Cette femme devant l’église avait dit n’importe quoi et même si ce type est vraiment un flic, cela ne prouve pas que ce soit à moi qu’il en veuille. Pourtant ce type, Blaise était certain de l’avoir vu au moins trois ou quatre fois à l’église.

   Tu vois maman, tout ça c’est de ta faute. J’espère que tu ne vas pas être, encore une fois, la source de mon malheur.

– Comment, je suis assez grand pour faire mon malheur tout seul ?

– Maman, ne sois pas méchante. Tu pourrais faire preuve d’un peu de compréhension pour une fois.

– Si ce type me cherche c’est parce qu’il se doute de quelque chose. Et s’il te trouve, je finirais mes jours en prison.

– Je ne veux pas aller en prison maman. Et il ne faut pas qu’il te trouve. – Aide-moi un peu maman. Toi qui sais toujours tout résoudre… que ferais-tu à ma place ?

– Mais bien sûr. Tu as raison maman, quelle bonne idée !

– Il faut que tu ailles ailleurs. Que tu déménages. Mieux, que tu partes pour l’étranger définitivement.

– Oui, c’est ça. L’étranger.

-Définitivement. Je vais m’occuper de tout ma chère maman. Ne t’inquiète pas, tout va s’arranger. Comme d’habitude.

– Aujourd’hui c’est dimanche et le dimanche on réfléchit. Je m’occuperais de ça dès demain matin, promis. Je vais t’organiser un déménagement impeccable.

– En attendant, profite de tes belles fleurs… Je sais que tu aimes toutes les fleurs sauf, les fleurs rouges… mais le rouge c’est la couleur qui te convient maman… la seule bonne couleur pour une maman dans ton état.

– Qu’est-ce que tu dis ?

– Non, ça ne va pas être possible. Je pense que c’est en France voisine que tu finiras ta vie. C’est bien de partir à ton âge. Tu as du courage ma petite maman.

– Quoi ?– Evidemment. Je viendrais te trouver quelques fois. Mais je dois poursuivre ma vie. Ma vie sans toi. Le premier pas je l’ai fais et maintenant je vais vivre heureux.

– Non, je te dis.

– Mais tais-toi ! C’est impossible.

– Non, je te dis. Ce flic n’est pas là pour moi.

– C’est un hasard.

– Non, je n’ai pas peur. Je n’ai rien fait de mal. Je suis juste devenu majeur.

– Et il était temps pour moi de m’émanciper.

– Avoues-le maman, on est entre nous. Tu ne m’aurais jamais laissé partir, n’est-ce pas ?

– Bon ça suffit, maman. Tais-toi maintenant. Même morte tu continues à ergoter. Tu peux glousser et te plaindre, ma décision est prise. Je vais préparer ce déménagement et dans moins de deux semaines tu seras partie pour la France et tous ici, nous t’oublierons.

Blaise commença tout de suite à préparer les paquets. Il fera livrer l’appartement de sa mère dans un garde-meubles. Il informera toutes les administrations du départ de sa mère en France pour y terminer ses jours, au plus près de ses ancêtres. Un caprice de vieille dame. Tout le monde comprendra.

Si ce flic est là pour lui, il ne trouvera rien de suspect.

La grande malle en osier qui se trouvait à la cave avait la taille parfaite. Sa mère entrait dedans et prenait à peine la moitié de la place à disposition. Il déposa au fond de la malle quelques livres d’arts, puis  installa sa mère par-dessus. Il la recouvrit de sa couverture préférée. Puis, méticuleusement et avec une application toute particulière il déposa par dessus tous les livres de la bibliothèque qu’il arriva à y placer. La malle était pleine. Elle était lourde. Mais tout le monde sait bien que les livres ont du poids !

Ce dimanche-là, Blaise resta plus longtemps que d’habitude chez sa mère. En sortant, il referma la porte à clé et, comme d’habitude il se retourna et salua le vide, comme si sa mère était à la fenêtre et le regardait partir. Il lui lança même un baiser en criant :

– A dimanche prochain. Je t’aime, maman.